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L'écoute
Pour cette deuxième réunion de l’année, nous
sommes accueillis à la Direction Ingénierie de la SNCF à la
Plaine Saint Denis.
Le scénario de la journée avait été confié à
Pierre Goirand, accompagné dans l’animation par Sylvie
Caruso-Cahn et Catherine Redelsperger.
Introduction
Pierre, Sylvie
et moi vous proposons un parcours d’une vingtaine de minutes
pour nous détourner de nos habitudes, mais aussi nous
réconforter par la mise en mots d’expériences vécues : d’écoutes
réussies, ratées, frustrantes
Pour préparer ce parcours, nous avons tous les trois converser à
bâtons rompus sur ce qu’était l’écoute pour chacun d’entre nous.
De ce dialogue, sont nés différents thèmes - fils conducteurs de
ce que je propose à vos oreilles.
Pendant que je parle, je vous invite à laisser émerger en vous
l’écho, la résonance à mes paroles, ce qui vous traverse
l’esprit en tant qu’être humain, parent, enfant, ami,
professionnel.
Je vous invite à noter ces échos, ces questions, ces phrases en
suspens.
Quand je me serai tue, nous prendrons le temps de l’écoute des
échos.
Nous ne débattrons pas ensemble. Il ne s’agit pas d’une
conférence débat, mais d’un mouvement de décalage - écho.
Si, à certains moments, vous vous sentez dans une écoute
flottante, laissez vous faire, le songe éveillé est aussi une
forme d’écoute.
Voici donc un parcours en quatre étapes
-
Premièrement : L’ouïe est l’un de nos sens. Quelle place
a-t-elle dans notre conditionnement d’occidental ?
-
Deuxièmement : Nous sommes d’avantage conditionnés par la
vue, et pourtant l’écoute tient une place de valeur,
particulièrement dans la capacité de l’homme à poser des
questions.
-
Troisièmement : Nos questionnements guident ce que nous
écoutons ou n’écoutons pas, mais au fait qu’écoutons-nous ?
-
Ce qui nous
emmènera à la question de : Qu’est ce que pourrait être une
éthique de l’écoute.
L’ouïe est l’un de nos sens.
Quelle place a-t-elle dans notre conditionnement d’occidental ?
L’ouïe est l’une
de nos perceptions sensorielles. Elle a depuis les grecs
anciens, une place mineure. La perception reine est la vue.
Pourquoi ?
Pour les grecs
anciens, la vision est le sens le plus noble car l’homme voit de
nombreuses choses en un seul temps. L’homme rassemble comme dans
un flash des choses différentes. Il y a une possibilité pour
l’homme de détachement, en quelque sorte d’un examen en se
mettant à l’extérieur de ce quelque chose de statique.
Dans le cas de
l’écoute, si je prends l’exemple de la musique, j’écoute quelque
chose qui se déroule dans le temps, une réalité dynamique. Le
son n’est pas un objet, mais un événement dynamique. La synthèse
des sons est un processus temporel qui se fait grâce à la
mémoire. Les sons c’est un produit du processus lui-même.
Plongeons - nous
dans le monde de l’entreprise. Je prends l’exemple d’un comité
de direction. Chacun avec un ordinateur portable devant lui,
écran porteur d’images à faire voir. Image, objet synthétique
sur tableau ou powerpoint. Cette image est un objet que nous
pouvons tous regarder ensemble, elle est au repos. Elle nous
donne la sensation d’une prise de distance, d’un objet à
l’extérieur de nous.
Maintenant, si
cette image prête à débat, va s’instaurer un dialogue, une
production de sons à écouter qui va être dépendante du temps. Le
son est dynamique en lui-même s’étend dans le temps, l’image est
une sorte de flash que je peux choisir de continuer à prolonger
dans le temps.
Le son dynamique
m’arrive, il fait intrusion. Comme quand je suis effrayé par un
bruit qui me surprend.
Les grecs
anciens ont mis fondamentalement en valeur la vision parce
qu’elle est un acte libre de l’être humain, il en a
l’initiative. Elle met en évidence le rapport entre sujet et un
objet. Ce qui a facilité la naissance des concepts, puis de la
science.
Dans la vue,
l’homme est le centre du monde et va vers le monde.
L’ouïe c’est le
rapport inverse, le monde vient vers moi, l’ouïe est reliée à
l’événement, au devenir.
Bref l’ouïe est
fondamentalement du côté de l’incertitude, de l’imprévisible.
La vue est
d’avantage du côté de la maîtrise.
Et nous avons
besoin des deux :
L’œil écoute,
j’entends le visage de l’autre,
Tout est une
question d’éthique. Nous y reviendrons plus tard.
Nous sommes d’avantage conditionnés par
la vue, et pourtant l’écoute tient une place de valeur,
particulièrement la capacité de l’homme à poser des questions.
Pour autant
l’écoute a trouvé sa place en occident : dans le monde grec par
la maïeutique socratique, dans le monde juif par l’écoute d’un
dieu invisible, et la quoiblité de l’homme, dans le monde
contemporain avec la relation dite d’aide et ses répercussions
dans le monde de l’entreprise.
Vème siècle
avant JC, Socrate dialogue avec ses disciples. Socrate cherche
le « ti esti », le « Qu’est ce que c’est ? ». C’est –à
-dire définir des notions, l’essence des choses. Sa question
fondamentale est : « Qu’est ce que c’est l’homme ? ».
Etant donné que
n’importe lequel d’entre nous porte en lui la nature humaine,
chacun de nous est un interlocuteur de valeur pour Socrate.
Simplement, les
humains n’ont pas l’habitude de s’écouter, d’observer ce qu’ils
sont, ni ce qu’ils font. Le questionnement socratique est
qualifié par Platon d’effet de la torpille. Le contact à Socrate
était si insupportable que certains fuyaient ses dialogues.
Sous le feu du
questionnement socratique se déclenche une écoute de soi.
C’est-à-dire en direction de l’intérieur de soi et de ses
contradictions intérieures.
Il s’agit là
d’une écoute violente. Socrate, par ses questions faussement
candides, toujours dans l’étonnement, questions inattendues pour
son interlocuteur, met en évidence les contradictions, les
illusions, mais aussi ce qui est utile, ce qui génère le
bonheur.
Nous découvrons
là que l’écoute nécessite que l’on soit deux, moi et un autre,
moi et moi-même comme un autre, moi et le monde par exemple un
cri. Nous entendons aussi que dans l’écoute il y a un effet de
surprise, que l’écoute est tournée vers l’intérieur de soi, mais
pour faire ce mouvement est nécessaire l’écoute de la parole de
l’autre. Nous apprenons aussi que l’écoute peut générer de la
violence.
Après le monde
grec du 5ème siècle avant JC, nous nous dirigeons
dans des temps encore plus anciens pour suivre le peuple des
hébreux dans le désert. Le peuple sous la houlette de Moïse le
bègue et de son frère Aaron s’est délivré de l’esclavage en
Egypte. Ils ont traversé sans encombre la Mer Rouge. Ils
marchent dans le désert. Ils n’ont plus rien à manger, ni à
boire. Le dieu unique et invisible au lever du jour leur envoie
des cieux de la manne qui les nourrit et les abreuve. Cette
manne est si inattendue qu’ils s’interpellent les uns les autres
en se disant « qu’est-ce que c’est ». Et c’est ainsi que la
manne est devenue du « Qu’est-ce que c’est ? ». C’est un écart
entre moi et le monde. Un écart qui me dit que je ne peux pas
tout posséder, je ne peux pas tout expliquer, je ne peux pas
tout maîtriser. Mais en accueillant la « surprise » je peux me
transformer. Quand j’écoute, je me laisse importuner, déranger,
interrompre par la surprise, l’événement de la parole de
l’autre. « L’événement, le véritable événement - avènement qui
nous expose au risque de devenir autre est imprévisible ».
Cette manne ne
se conserve pas. Elle va nourrir pendant quarante ans le peuple
dans le désert. Mais sans stock. Chaque matin, tombait du ciel
la manne nécessaire aux besoins du peuple Ceux qui sont
aventurés au début à essayer de la conserver la voyaient pourrir
dans la journée. Quelle peut en être l’interprétation ?
« L’étonnement devant le monde ne peut être acquis une fois pour
toutes. Une question qui est devenue une question habituelle
n’est plus questionnante »
En quelque sorte
c’est : « Je questionne donc je suis ». C’est ce qui s’appelle
la quoibilité de l’homme.
Nous faisons
maintenant un saut dans le temps. Le 20ème siècle a
vu se déployer de multiples démarches de thérapie de l’âme, de
relation d’aide. J’ai choisi de m’intéresser à celle de Carl
Rogers.
Sa démarche
d’écoute est centrée sur la personne, et comme celle de Socrate,
et la quoibilité, elle est basée sur le questionnement. Sa
particularité est liée à l’attitude de Rogers. Il n’est pas
comme Socrate à la chasse des incohérences du discours. Rogers
est dans une attitude de confiance en soi et dans l’autre, dans
une attitude de disponibilité, une attitude de non jugement, ni
une attitude d’interprétation. Rogers écoute le mouvement de
l’autre à la vitesse de l’autre, ne le devançant pas,
l’accompagnant, ne l’enfermant pas dans un diagnostic.
Il pose des
questions dont le contenu émerge du propos de son interlocuteur,
il n’est pas en rupture avec ses propos. Il reste centrer sur
l’autre, et son interlocuteur se découvre en s’entendant écouté
et reconnu par un autre ; il s’écoute différemment et trouve
lui-même les solutions.
Rogers est dans
une écoute de celui qui ne sait pas.
Le monde du
management n’est pas resté insensible aux influences de la
relation d’aide. Depuis les années 70 en France il existe en
parallèle une volonté de développer l’épanouissement des
collaborateurs, c’est-à-dire les considérer comme des sujets
parlants, vivants, vibrants, et en parallèle une montée d’un
retour au taylorisme, d’une pression de productivisme
c’est-à-dire instrumentaliser les collaborateurs, bref les
considérer comme des objets.
L’écoute est
apparemment omni-présente :
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Lors des entretiens de recrutement.
-
Lors des entretiens d’évaluation annuelle.
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Lors des réunions d’informations.
-
Lors des réunions d’expressions …
Je dis
apparemment, car les collaborateurs souvent se plaignent d’un
écart entre la promesse d’écoute, et le résultat.
-
D’une écoute de façade :
« Je suis disponible, j’ai ma porte ouverte, tu peux venir
quand tu veux » « Je souhaite que nous travaillons en toute
transparence » et le collaborateur se retrouve face un
interlocuteur pressé par l’atteinte des ses propres
objectifs et encombré par la transparence dérangeante de son
collaborateur.
-
D’une écoute alibi «
Nous allons organiser un audit, nous mettre à votre écoute,
pour pouvoir améliorer le management » et les collaborateurs
ont la détestable impression que tout est joué d’avance.
-
D’une écoute d’endormissement
« oui, je comprends ce que tu dis, je vais réfléchir » et
rien n’arrive.
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D’une écoute de manipulation,
cette sensation de s’entendre poser des questions et « si
j’y réponds, je vais alimenter l’argumentation de mon
interlocuteur qui va utiliser mes paroles contre moi ».
-
D’une écoute menaçante,
c’est une dimension difficile à accepter. La manière dont
nous sommes écoutés peut être menaçante. Par exemple si
quelqu’un m’écoute en m’interrompant par ce que je ne vais
pas assez vite, si quelqu’un me fait comprendre que pendant
qu’il m’écoute qu’il me juge, d’ailleurs que ce soit en bien
ou en mal , je suis menacé. Les temps de neutralité
d’écoute, et de confiance sont nécessaires pour favoriser
une écoute productive d’auto - interprétation avec
changement de regard
Carl Rogers dit
qu’une des clés de l’écoute est l’authenticité de l’écoute.
Nos questionnements guident ce que
nous écoutons ou n’écoutons pas.
Qu’écoutons-nous ?
-
S’écouter soi-même, pas dans le sens de s’écouter
parler, mais dans le sens d’être à l’écoute de ses émotions,
surtout de ses peurs.
Si j’éprouve de la peur, je suis en incapacité d’écouter
l’autre, ma peur fait écran. Et la peur peut commencer par
« Je vais avoir plus de travail, je n’ai pas le temps, j’ai
eu tort, j’aurais du….. »
-
Ecouter l’autre, ou soi-même comme un autre, c’est
écouter au - delà de l’autre souvent dans l’entreprise c’est
écouter l’autre mais au travers de lui, par exemple sa
fonction, son projet, son propre manager etc…Bref nous
croyons être deux dans la pièce, mais nous sommes bien plus
nombreux, nous sommes traversés en quelque sorte par des
fantômes, c’est ce que nous appelons aujourd’hui notre
réseau.
-
Ecouter le pourquoi ? C’est typiquement la recherche
de cause, une écoute tournée vers le passé, vers
l’explication, vers l’interprétation, le diagnostic. Cette
écoute que j’appelle de l’archéologie peut parfois enfermer
dans le ressassement et la justification, pour autant il est
souvent nécessaire d’identifier les causes pour trouver des
solutions, d’où les méthodes de résolution de problèmes.
-
Ecouter le comment ? C’est typiquement la recherche
orientée vers le processus, l’action, la dynamique, le
devenir. La question du comment est d’avantage la question
de la complexité et de la systémie. Une des questions
paradoxales les plus célèbres est : comment réussissons nous
à nous mettre en échec ?
-
-
Ecouter la voix, le visage ? La voix et le visage
sont liés. Nous éprouvons tous le besoin de relier un visage
à une voix entendu au téléphone. Si nous ne connaissons pas
notre interlocuteur, nous lui inventons un visage. Et quand
nous voyons un visage, nous nous attendons à entendre une
voix. En quelque sorte nous écoutons le visage de l’autre,
nous cherchons à le déchiffrer, du moins si nous prenons
garde à l’autre, à sa fragilité. Exposer mon visage à
l’autre, c’est exposer un visage au pouvoir de destruction
de l’autre, par le déni, l’indifférence, par la violence
insidieuse ou directe des mots.
Ecouter : c’est
typiquement là une question profonde d’hospitalité, d’accueil de
l’autre. Cela veut dire ranger la maison, se préparer, et
surtout se préparer à faire du vide en soi, donc être bien avec
soi pour pouvoir laisser une place à l’autre, et le voir dans sa
nouveauté.
Ceci nous conduit à la question de
l’éthique de l’écoute.
Je vais vous
lire le passage d’une interview du philosophe Jacques Derrida
qui parle de la notion d’hospitalité chez Levinas. Il y dit
toute la complexité de l’écoute :
« L’hospitalité,
dans l’usage que Lévinas fait de ce mot, ne se réduit pas
simplement, bien que ce soit aussi cela, à l’accueil de
l’étranger chez soi, dans sa maison, dans sa nation, dans sa
cité. Dès que je m’ouvre, je fais accueil pour reprendre le mot
de Lévinas, à l’altérité de l’autre, je suis déjà dans une
disposition hospitalière. Même la guerre, le rejet la xénophobie
supposent que j’aie affaire à l’autre et que par conséquent je
sois déjà ouvert à l’autre. La fermeture n’est qu’une réaction à
une première ouverture. De ce point de vue, l’hospitalité est
première. Dire qu’elle est première signifie qu’avant même
d’être moi-même, et qui je suis, il faut que l’irruption de
l’autre ait instauré ce rapport à moi-même. Autrement dit, je ne
peux avoir rapport à moi-même, à mon « chez » moi, que dans la
mesure où l’irruption de l’autre a précédé ma propre ipséité…
Chez Lévinas on
passe d’une pensée de l’accueil à une pensée de l’otage. Je suis
d’une certaine manière l’otage de l’autre, et cette situation
d’otage où je suis déjà l’invité de l’autre en accueillant
l’autre chez moi, où je suis chez moi l’invité de l’autre. Cette
situation d’otage définit ma propre responsabilité.
Quand je dis me
voici signifie que je suis déjà en proie à l’autre. C’est un
rapport de tension, cette hospitalité est tout sauf facile et
sereine. Je suis en proie à l’autre, l’otage de l’autre et
l’éthique doit se fonder sur cette structure d’otage ».
Il ne s’agit pas
là d’une affaire naïve de bon sentiment. Cet accueil entre
otages de l’autre nous mène à ouverture, fermeture, à nous
débattre et à poser des limites de l’accueil et à cette
situation d’otage.
Il ne s’agit pas
de la limite de ne pas pouvoir accueillir l’autre en tant
qu’autre ou de nae pas être en proie à l’autre.
Nous sommes tous
infiniment des autres à nous-mêmes et aux autres.
Mais il s’agit
de la limite des conséquences de la parole de l’autre. Je ne
suis pas prête à écouter n’importe quoi, ce n’importe quoi étant
les paroles mortelles, mortifères destructrices de moi,
destructrices d’un autre.
Mais en même
temps pour accueillir l’autre je me dois d’être ouvert. Je cite
Carl Rogers. Il expose une liste d’une dizaine de questions
qu’il a découvert au fil de sa pratique de thérapeute, de
consultant. Il dit entre autres :
« Puis-je
m’autoriser à adopter envers l’autre des attitudes positives, à
lui manifester chaleur, attention, affection, intérêt et
respect ? Ce n’est pas facile. A cet égard, j’éprouve en
moi-même, et constate souvent chez les autres, une certaine
appréhension. Nous avons peur, si nous nous abandonnons à des
sentiments positifs pour autrui, d’en devenir des prisonniers.
L’autre peut se faire exigeant, notre confiance peut être déçue,
et ces perspectives nous effraient. En réaction, nous avons donc
tendance à maintenir une certaine distance envers lui, à prendre
une sorte de recul « professionnel » , à bâtir une relation
impersonnelle.
Je suis
profondément convaincu qu’une des principales raisons de la
professionnalisation des métiers de l’humain, c’est qu’elle
contribue au maintien de cette distance. Dans le domaine
clinique, nous construisons des outils de diagnostic complexes,
qui constituent la personne en objet. Dans le domaine
pédagogique et administratif, nous développons toutes sortes de
procédures d’évaluation qui font elles aussi de la personne un
objet. Ce faisant, nous nous protégeons contre l’affection qui
naîtrait d’une relation reconnue comme interpersonnelle. Mais
nous remportons une victoire en reconnaissant, ne serait-ce que
dans certaines relations et ne serait-ce que par moments, qu’il
est sain d’aimer, et qu’il est sain de voir en l’autre une
personne pour qui nous éprouvons des sentiments positifs.
Catherine
Redelsperger
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