Groupe d'échanges du Mardi 9 Janvier 2007


Le développement durable : changer de perspective
 

Pour cette première réunion de l’année, le Centre des Jeunes Dirigeants avait la gentillesse de nous accueillir dans ses magnifiques locaux de l’avenue George V.

Le scénario de la journée avait été confié à Thierry Groussin, accompagné dans l’animation par Manfred Mack, Rémy Guillaumot et Béatrice Quasnik.

Mais, d’abord, pourquoi « Développement durable : changer de perspective » ?
 

« L’humanité apprenante »

Thierry Groussin : Je préfère l’énergie du désir à celle de la peur. Pour moi, le développement durable est un aspect de  « l’humanité apprenante ». Ma représentation des choses est que l’humanité est comme un enfant qui apprend à marcher. Il titube, il tombe, il tâtonne et, parfois, il met les doigts où il ne faut pas, mais il recommence et il progresse. Parce qu’il y a en lui l’élan de la vie. Un enfant tombe cinq mille fois avant de savoir marcher : si la peur de tomber était plus forte que l’élan de la vie, il n’y parviendrait jamais. Le grand apprentissage de l’humanité aujourd’hui, c’est de trouver son ajustement – un ajustement pérenne – avec le monde où elle est apparue et que sa présence transforme.

En introduction à la journée, Manfred Mack rappela la connexion étroite et déjà ancienne entre les concepts de développement durable et d’organisation apprenante, connexion clairement manifestée par Peter Senge et illustrée par plusieurs publications et de nombreux groupes et réunions de par le monde. Et de conclure : « SOL France rejoint ainsi aujourd’hui la communauté mondiale de SOL tout en le faisant à sa manière ».
 

« Le monde auquel nous aspirons »

Pour ouvrir le chantier de ce changement de perspective, les quarante participants furent ensuite invités à regarder un diaporama réalisé par Rémy Guillaumot (Safran) à partir de sa photothèque personnelle. La beauté de notre « maison commune », éclairée sous de multiples angles par l’art et la sensibilité du photographe, nous a ainsi rappelé sa diversité et sa générosité. Elle nous a rappelé que, loin d’être un lieu de menaces, elle est d’abord un lieu d’épanouissement de la vie et c’est sur ce concept d’épanouissement que deux premières questions furent ensuite proposées à la réflexion des participants.

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« L’art de faire bouger sa sensibilité en soi pour trouver de nouveaux départs. » (Louis Jouvet)
 

Après la projection, organisés par groupes de quatre, ceux-ci ont tiré au sort une des cartes réalisées par les élèves d’une petite école innovante du Val d’Oise, Centre pédagogique Léonard de Vinci, à Herblay : www.aep95.org. Appel aussi bien à la pensée rationnelle qu’à la pensée poétique, chacune de ces cartes proposait un « sujet d’épanouissement »: l’entreprise, la cité, le corps, l’intelligence, le cœur, la biodiversité, l’école, l’univers, la famille, la fleur. Chacun devait exprimer simplement ses idées et son ressenti en écho à deux questions : par rapport au sujet que vous avez tiré, (1) comment vous représentez-vous son épanouissement ? (2) de quoi cet épanouissement a-t-il besoin pour advenir ?
 

« Les voix de l’avenir »

L’étape suivante, animée par Béatrice Quasnik, nécessita une « expérience de pensée » : un voyage dans le temps. D’un coup de baguette magique – à moins qu’il s’agisse d’une expérimentation de la physique quantique - nous voici transportés au 9 janvier 2057, et tous – ou presque – âgés seulement d’une vingtaine d’années !

En 2057, les jeunes que nous sommes ont entendu parler des menaces et des drames qui pesaient sur les premières années du XXIème siècle. Cela ne laisse pas de nous surprendre car le monde qui nous entoure aujourd’hui - dans lequel nous sommes nés - est beau et harmonieux. L’humanité s’y épanouit, à l’image de son environnement. Que s’est-il donc passé ? Pour répondre à cette question, le « conseil des anciens » a été convoqué. Quelques « aïeux » sont là, qui vont rassembler leurs souvenirs de l’époque héroïque afin de satisfaire la curiosité des jeunes : Nathalie Crouzet (CJD), Nathalie Jubin (Assedic), Caroline Gervais (The Natural Step France), Dominique Viel (Ministère de l’Economie et des Finances, auteur de « Ecologie de l’apocalypse »), Rémy Guillaumot (Safran) et Etienne Collignon (Solvay).

« Chers ancêtres, dites-nous comment vous avez fait ! »

Relancés sans complaisance par les « jeunes », nos glorieux aînés vont partager avec nous les événements, les peurs et les hésitations qui précédèrent le grand changement du début du XXIème siècle. Ils évoqueront l’évolution de la conscience, les tâtonnements, les freins, les obstacles, les percées dont leur chemin a été fait. Un chemin, à la fois intérieur et extérieur, qu’il leur a fallu parcourir jusqu’au bout pour trouver les ressources intellectuelles, relationnelles et spirituelles qui se révélaient nécessaires. De cette période d’engagements exigeants, les souvenirs vont affluer : travailler le dialogue, tisser des liens, développer des réseaux, penser différemment, pousser l’innovation, affirmer sa liberté, exercer son pouvoir, choisir sa vie, découvrir « l’écologie de l’âme »… Surtout, nos aînés insisteront sur le choix qui a été déterminant – et qui reste peut-être la leçon essentielle de cette histoire – celui de pousser leur engagement jusqu’au saut dans l’inconnu.

« Les voix de l’avenir - Paroles croisées »
 

« Avancer ensemble »

La suite de la journée nous a ramenés en 2007 – et hélas ! loin de nos vingt ans… - avec un nouveau questionnement à aborder dans le cadre d’une conversation à quatre, de préférence en retrouvant ses interlocuteurs du matin afin de profiter des complicités déjà nouées et des fondements déjà esquissés.

Trois questions furent successivement amenées : 

Seule la troisième question fit l’objet d’une mutualisation en séance plénière. Plusieurs pages de paper board furent nécessaires pour recueillir les suggestions des participants - des suggestions qui témoignent de la profondeur atteinte à la fois par la réflexion du groupe et par le sentiment de notre implication dans les enjeux. Entre organiser au sein de SOL la relève d’une école de prospective française qui s’est considérablement affadie et proposer aux membres des conversations pour les aider à résoudre leurs dilemmes, entre influer sur les fournisseurs de plateaux-repas pour qu’ils réduisent les gaspillages et analyser des expériences atypiques afin d’y renouveler son inspiration, l’idée fédératrice qui ressort est celle d’un séminaire d’introduction au développement durable au sein duquel s’articuleraient les concepts de l’organisation apprenante, du développement durable et de la création de valeur globale.
 

« Avant de se quitter »

En ce début d’année, période de vœux mais aussi de résolutions, nous ne pouvions pas nous quitter sans que chacun d’entre nous témoigne d’un ou plusieurs engagements personnels qu’il avait envie de prendre au terme de cette journée d’échanges. Ce qui fut fait en offrant au « totem de l’humanité apprenante » (réalisation, comme les « cartes d’épanouissement », de l’école déjà citée) nos « vœux durables ». Plusieurs d’entre nous se sont ainsi engagés à ouvrir, avec leurs enfants, une réflexion sur leurs habitudes de consommation. D’autres se sont promis de travailler leur milieu professionnel. D’autres encore de réaliser une tâche particulière : organiser un séminaire ou une réunion, écrire un livre ou un article, influencer leurs fournisseurs, leurs collègues ou leurs clients…

« La Mosaïque des vœux durables »

L’enthousiasme et la spontanéité des participants permettent de penser que ce « changement de perspective », bien dans la ligne de SOL, était pertinent. L’essai est marqué, il s’agit maintenant de le transformer !

 

Ils ont de la suite dans les idées !! 

 
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 ©2006 SoL France. Mise à Jour : 21/11/2007. Réalisation : NFC.