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Le développement durable : changer de perspective
Pour cette première réunion de l’année, le
Centre des Jeunes Dirigeants avait la gentillesse de nous
accueillir dans ses magnifiques locaux de l’avenue George V.
Le scénario de la journée avait été confié à
Thierry Groussin, accompagné dans l’animation par Manfred Mack,
Rémy Guillaumot et Béatrice Quasnik.
Mais, d’abord, pourquoi « Développement
durable : changer de perspective » ?
« L’humanité
apprenante »
Thierry Groussin :
Je préfère l’énergie du désir à celle de la peur. Pour moi, le
développement durable est un aspect de
« l’humanité apprenante ». Ma
représentation des choses est que l’humanité est comme un enfant
qui apprend à marcher. Il titube, il tombe, il tâtonne et,
parfois, il met les doigts où il ne faut pas, mais il recommence
et il progresse. Parce qu’il y a en lui l’élan de la vie. Un
enfant tombe cinq mille fois avant de savoir marcher : si la
peur de tomber était plus forte que l’élan de la vie, il n’y
parviendrait jamais. Le grand apprentissage de l’humanité
aujourd’hui, c’est de trouver son ajustement – un ajustement
pérenne – avec le monde où elle est apparue et que sa présence
transforme.
En introduction à la journée, Manfred Mack
rappela la connexion étroite et déjà ancienne entre les concepts
de développement durable et d’organisation apprenante, connexion
clairement manifestée par Peter Senge et illustrée par plusieurs
publications et de nombreux groupes et réunions de par le monde.
Et de conclure : « SOL France rejoint
ainsi aujourd’hui la communauté mondiale de SOL tout en le
faisant à sa manière ».
« Le monde auquel
nous aspirons »
Pour ouvrir le chantier de ce changement de
perspective, les quarante participants furent ensuite invités à
regarder un diaporama réalisé par Rémy
Guillaumot (Safran) à partir de sa photothèque
personnelle. La beauté de notre « maison commune », éclairée
sous de multiples angles par l’art et la sensibilité du
photographe, nous a ainsi rappelé sa diversité et sa générosité.
Elle nous a rappelé que, loin d’être un lieu de menaces, elle
est d’abord un lieu d’épanouissement de la vie et c’est sur ce
concept d’épanouissement que deux premières questions furent
ensuite proposées à la réflexion des participants.
« L’art de faire bouger sa sensibilité en soi pour trouver de
nouveaux départs. » (Louis Jouvet)
Après
la projection, organisés par groupes de quatre, ceux-ci ont tiré
au sort une des cartes réalisées par les élèves d’une petite
école innovante du Val d’Oise, Centre pédagogique Léonard de
Vinci, à Herblay :
www.aep95.org.
Appel aussi bien à la pensée rationnelle qu’à la pensée
poétique, chacune de ces cartes proposait un « sujet
d’épanouissement »: l’entreprise, la cité, le corps,
l’intelligence, le cœur, la biodiversité, l’école, l’univers, la
famille, la fleur. Chacun devait exprimer simplement ses idées
et son ressenti en écho à deux questions : par rapport au sujet
que vous avez tiré, (1) comment vous
représentez-vous son épanouissement ? (2) de quoi cet
épanouissement a-t-il besoin pour advenir ?
« Les voix de
l’avenir »
L’étape suivante, animée par Béatrice
Quasnik, nécessita une « expérience de pensée » : un voyage dans
le temps. D’un coup de baguette magique – à moins qu’il s’agisse
d’une expérimentation de la physique quantique - nous voici
transportés au 9 janvier 2057, et tous – ou presque – âgés
seulement d’une vingtaine d’années !
En 2057, les jeunes que nous sommes ont
entendu parler des menaces et des drames qui pesaient sur les
premières années du XXIème siècle. Cela ne laisse pas de nous
surprendre car le monde qui nous entoure aujourd’hui - dans
lequel nous sommes nés - est beau et harmonieux. L’humanité s’y
épanouit, à l’image de son environnement. Que s’est-il donc
passé ? Pour répondre à cette question, le « conseil des
anciens » a été convoqué. Quelques « aïeux » sont là, qui vont
rassembler leurs souvenirs de l’époque héroïque afin de
satisfaire la curiosité des jeunes : Nathalie Crouzet (CJD),
Nathalie Jubin (Assedic), Caroline Gervais (The Natural Step
France), Dominique Viel (Ministère de l’Economie et des
Finances, auteur de « Ecologie de l’apocalypse »), Rémy
Guillaumot (Safran) et Etienne Collignon (Solvay).
« Chers ancêtres,
dites-nous comment vous avez fait ! »
Relancés
sans complaisance par les « jeunes », nos glorieux aînés vont
partager avec nous les événements, les peurs et les hésitations
qui précédèrent le grand changement du début du XXIème siècle.
Ils évoqueront l’évolution de la conscience, les tâtonnements,
les freins, les obstacles, les percées dont leur chemin a été
fait. Un chemin, à la fois intérieur et extérieur, qu’il leur a
fallu parcourir jusqu’au bout pour trouver les ressources
intellectuelles, relationnelles et spirituelles qui se
révélaient nécessaires. De cette période d’engagements
exigeants, les souvenirs vont affluer : travailler le dialogue,
tisser des liens, développer des réseaux, penser différemment,
pousser l’innovation, affirmer sa liberté, exercer son pouvoir,
choisir sa vie, découvrir « l’écologie de l’âme »… Surtout, nos
aînés insisteront sur le choix qui a été déterminant – et qui
reste peut-être la leçon essentielle de cette histoire – celui
de pousser leur engagement jusqu’au saut dans l’inconnu.
« Les voix de l’avenir - Paroles
croisées »
« Avancer
ensemble »
La suite de la journée nous a ramenés en
2007 – et hélas ! loin de nos vingt ans… - avec un nouveau
questionnement à aborder dans le cadre d’une conversation à
quatre, de préférence en retrouvant ses interlocuteurs du matin
afin de profiter des complicités déjà nouées et des fondements
déjà esquissés.
Trois questions furent successivement
amenées :
Seule la troisième question fit l’objet
d’une mutualisation en séance plénière. Plusieurs pages de
paper board furent nécessaires pour recueillir les
suggestions des participants - des suggestions qui témoignent de
la profondeur atteinte à la fois par la réflexion du groupe et
par le sentiment de notre implication dans les enjeux. Entre
organiser au sein de SOL la relève d’une école de prospective
française qui s’est considérablement affadie et proposer aux
membres des conversations pour les aider à résoudre leurs
dilemmes, entre influer sur les fournisseurs de plateaux-repas
pour qu’ils réduisent les gaspillages et analyser des
expériences atypiques afin d’y renouveler son inspiration,
l’idée fédératrice qui ressort est celle d’un séminaire
d’introduction au développement durable au sein duquel
s’articuleraient les concepts de l’organisation apprenante, du
développement durable et de la création de valeur globale.
« Avant de se
quitter »
En
ce début d’année, période de vœux mais aussi de résolutions,
nous ne pouvions pas nous quitter sans que chacun d’entre nous
témoigne d’un ou plusieurs engagements personnels qu’il avait
envie de prendre au terme de cette journée d’échanges. Ce qui
fut fait en offrant au « totem de l’humanité apprenante »
(réalisation, comme les « cartes d’épanouissement », de l’école
déjà citée) nos « vœux durables ».
Plusieurs d’entre nous se sont ainsi engagés à ouvrir, avec
leurs enfants, une réflexion sur leurs habitudes de
consommation. D’autres se sont promis de travailler leur milieu
professionnel. D’autres encore de réaliser une tâche
particulière : organiser un séminaire ou une réunion, écrire un
livre ou un article, influencer leurs fournisseurs, leurs
collègues ou leurs clients…
« La Mosaïque des vœux durables »
L’enthousiasme et la spontanéité des
participants permettent de penser que ce « changement de
perspective », bien dans la ligne de SOL, était pertinent.
L’essai est marqué, il s’agit maintenant de le transformer !
Ils ont de la suite dans
les idées !! |